mardi 6 novembre 2007

Jeux Olympiques à Pékin : L’appel du Comité International de Contestation

Il y a vingt-huit ans, Chrétienté-Solidarité allait naître de l’action énergique du Comité de Boycott International des Jeux Olympiques à Moscou au pays du goulag que Bernard Antony avait lancé depuis sa ville de Castres avec son mensuel Présent, appuyé à Paris par une équipe de journalistes et notamment Serge de Beketch, Jean-Pierre Cohen, Roland Gaucher.
L’action de ce comité se développa à Paris avec des manifestations autour de l’ambassade d’URSS, à caractère sportif étant donné la forte protection policière de ce bunker. Elle culmina le 28 avril 1980 avec une très grande réunion au Palais de la Mutualité avec des représentants des résistances anticommunistes de la plupart des pays opprimés.
Le comité n’avait bénéficié d’aucun soutien de la part des Etats, des milieux politiques, patronaux ou syndicaux. Mais bien des groupes, bien des mouvements de résistance en relayèrent l’appel et leur contestation se développa permettant d’évoquer l’immense abomination du communisme. Bernard Antony au nom de Chrétienté-Solidarité, fort cette fois-ci de toute la ramification non coûteuse des moyens modernes de communication lance aujourd’hui l’appel que vous lirez.
Il vous demande de le répercuter partout où vous le pouvez, à la sortie des réunions, des messes, auprès de vos élus, auprès de votre clergé et surtout parmi les collégiens, lycéens et étudiants dont les livres scolaires occultent mensongèrement, ignoblement, le bilan du communisme en Chine.

dimanche 4 novembre 2007

Interview parue dans le numéro d'octobre de la revue du MNR "Le Chêne"

Comment analysez-vous la contre-performance de Le Pen à la présidentielle de 2007 et les mauvais résultats aux législatives ?

Bernard Antony : La vérité, c'est que je n'ai pas quitté le Front national mais son bureau politique, pour manifester mon désaccord sur une évolution que je voyais suicidaire, combinant la rupture avec certaines de ses valeurs fondamentales et une sclérose clanico-stalinoïde avec ses modes d'organisation et de fonctionnement. En quelque sorte, il évoluait où il ne fallait pas et il régressait là où il aurait dû se moderniser. On m'en a rayé des listes sans avoir jamais le courage de m'en informer, de me dire en face pourquoi, en invoquant pour les medias des prétextes contradictoires et également mensongers.
En cohérence avec ce qui précède, je crois que les deux échecs que vous analysez tiennent à deux raisons. La première est celle de l'affaiblissement interne. Dans le mouvement, on a tout de même perçu un brouillage du message sinon une trahison. Alors, pour faire face au mécontentement de ceux qui grognaient, on s'est efforcé de maintenir la cohésion, résultant jadis de l'adhésion à un idéal, par une sorte d'autoritarisme caporaliste. La deuxième est celle de la puissance de la concurrence sarkozienne face à laquelle on ne pouvait résister ni avec des idées en marmelade, ni avec un corps militant brisé.

Selon vous, quelles sont les conditions à réunir pour que la droite nationale renoue avec les succès ?

BA : Ma réponse se déduit de ce que je viens de dire. Il faut reconstruire d'abord dans la clarté des valeurs et exigences fondamentales de la droite nationale et sociale, à savoir le respect de la dignité humaine, le refus de la culture de mort, la défense de l'indépendance de la France dans une Europe des Pactes, la défense des libertés positives, la remise à sa place du seul pouvoir scandaleusement absolu aujourd'hui le pouvoir des juges n'ayant de limite et de comptes à rendre ni devant Dieu ni devant les électeurs.
Il faudra ensuite mettre sur pied une organisation fédérative dirigée par un conseil des responsables des différentes composantes du mouvement national.

Vous avez annoncé votre participation à la journée du 27 octobre à Paris organisée par la revue Synthèse nationale. Sur quelles bases, politiques et stratégiques, l'unité du camp national pourrait-elle se faire ?

BA : J'ai accepté d'y participer sur la foi de ce que l'on m'en a dit oralement. Mais attention, il ne s'agit donc selon moi que d'une journée d'échanges et de confrontations sur la notion d'identité nationale. Il ne s'agit nullement de la constitution d'une quelconque coordination.
J'ai en effet constaté que figuraient dans la liste des participants des personnes avec lesquelles notre divergence d'idées et de valeurs interdit toute collaboration. Pour être clair, je ne travaillerai jamais, par exemple, dans un rassemblement avec Pierre Vial contre lequel je n'ai rien à titre personnel mais dont je ne partage pas l'idéologie à mon sens antinationale et antichrétienne, qu'il a, fort honnêtement d'ailleurs, explicitée dans un de ses livres que nous avons commenté dans Reconquête.
Je ne me prêterai donc pas à quelque « manie que ce soit. Je connais assez la praxis léninotrotskiste pour la subir à droite de la part de gens qui ne sont pas de droite !

Quel jugement portez-vous sur les premiers mois de Sarkozy au pouvoir ?

BA : Un jugement encore réservé sur les questions économiques et sociales et sur la justice. Plus négatif sur la politique étrangère et sur la politique d'immigration, très négatif sur sa politique face à l'islam et très inquiet sur ce qu'il va réellement faire sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Et, bien sûr, il continue hélas dans un euro-constructivisme inacceptable.

Vous revenez d'un récent séjour au Liban. Quel était le but de ce voyage ?

BA : Rencontrer mes amis qui luttent pour que le Liban ne devienne pas une république islamique sous contrôle irano-syrien. Apporter l'aide quêtée par Chrétienté-Solidarité pour des oeuvres catholiques ou de résistance nationale.

Pouvez-vous nous dire quelques mots de l'AGRIF (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne) et de son action ?

BA : Elle est la seule association authentiquement anti-raciste oeuvrant dans le cadre d'une législation qu'il faudrait d'ailleurs profondément réviser comme je l'ai exprimé dans une longue lettre à Nicolas Sarkozy. Elle s'attaque en effet au racisme anti-français et au racisme anti-chrétien dont ne se soucient nullement les professionnels de l'idéologie dite anti-raciste qui selon l'expression juste d'Alain Finkelkraut est le communisme du XXIe siècle. Elle engage sans cesse des actions devant les tribunaux. La dernière en date est celle que nous déclenchons contre Houria Bouteldja et la manière dont elle a qualifié les blancs de "souchiens" qu'il faudrait rééduquer... L'AGRIF, qui n'a été affecté d'aucune querelle au sein de ses institutions dirigeantes, réunit dans la diversité de l'amitié française tous ceux qui, croyants ou non, respectent l'âme chrétienne de la France, la culture de vie et la légitime fierté d'appartenance à la nation française.

mercredi 17 octobre 2007

Chroniques polonaises [6] Rencontre avec Elzbieta Kruk, ex ministre PIS de l’information et présidente du CSA polonais

C’est dans le magnifique parc du centre de Varsovie, dont les allées étaient en ce jour baignées de lumière et de mille couleurs que Bernard Antony a rencontré l’ex ministre de l’information, Elzbieta Kruk. De petite taille, élegante, le regard vif et malicieux, Mme Kruk nous a brossé un rapide tableau de la situation polonaise. Membre du parti PIS, celui des frères Kaczynski, Mme Kruk parle un langage franc et direct, mais toujours nuancé. Elle est la cible de nombreuses attaques médiatiques, qui, en cette veille d’élection, se durcissent. Il est vrai que les médias officiels ne lui pardonnent pas d’avoir signé la prolongation du droit d’emettre à Radio Maryja, qui est désormais le contre pouvoir médiatique de la Pologne. “ Je ne vois pas pourquoi j’aurais refusé cette demande, nous a-t-elle confié, leur dossier etait bien préparé, il n’y avait rien contre les lois de notre pays, leur dossier financier était solide et le projet présenté était intéressant. De plus, les valeurs défendues par Radio Maryja, sont les mêmes sur lesquelles se base notre parti droit et Justice (PIS). Mais la défense de Radio Maryja coûte cher à la Pologne, car nous recevons beaucoup de coups pour permettre la pluralité médiatique dans notre pays”.
L’autre difficulté du gouvernement Kaczynski vient du fait que dans les négociations avec l’Union européenne pour faire respecter les intérêts et les choix moraux du peuple polonais, l’opposition de gauche qui regroupe dans la plateforme tous les anciens apparatchiks du système communiste, lance des attaques systématiques, affaiblissant ainsi la position polonaise, au lieu de pratiquer une solidarité nationale, chose que le parti PIS avait pourtant faite quand il était dans l’opposition.
Il est donc possible d’avoir une vraie droite au pouvoir. Il est vrai que cela est facilité quand le peuple dans son ensemble est impregné d’une foi catholique vivante et agissante.

mardi 16 octobre 2007

Chroniques polonaises [5]: Soirée avec la jeunesse polonaise

S’il existe encore une jeunesse européenne combative, nous l’avons certainement rencontrée en Pologne ! Emmené par le beau Krzysztof Bosak, qui, a 25 ans, est le plus jeune deputé au parlement national, une cinquantaine de jeunes gens s’etaient donné rendez-vous pour ecouter hier Bernard Antony dans les bureaux du mouvement de la jeunesse, situe au coeur de Varsovie. Cette organisation rassemble dans tout le pays des milliers de jeunes gens de 15 à 28 ans qui luttent pour une Pologne catholique et patriotique. Récemment, ils ont fait parler d’eux en formant une chaine humaine pour barrer la route à la manifestation des fiertés homosexuelles… Ici, on ne se contente pas de s’offusquer ou de regretter la décadence : on la combat dans la rue et dans les instances institutionnelles…
Assis au milieu de la jeunesse, il y avait aussi Jan Paris, l’ancien ministre des affaires etrangères du premier gouvernement libre de la Pologne post communiste venu ecouter l’exposé de Bernard sur la situation politique de la France et les convergences avec la situation polonaise.
Il est toujours emouvant de voir combien notre pays suscite un veritable interêt chez les autres peuples. Car l’exposé de Bernard fut suivi d’une série de questions toutes plus pertinentes les unes que les autres sur l’Islam, la déchristianisation, la situation du FN et des mouvements nationaux et chretiens. Peut-être, aussi, ont-ils conscience que la France constitue pour eux un laboratoire, comme le fut jadis pour nous le Liban avant la propre libanisation de notre pays ?
Deux heures après, nous étions tous à boire un coup, partageant nos revues et nos livres de combat, devant les photos des résistants polonais. Ces derniers ont, c’est sûr, une descendance !

lundi 15 octobre 2007

Chroniques polonaises (4): Visite de Radio Maryja

Attaquée dans tous les pays, Radio Maryja est en Pologne le centre mediatique de la resistance catholique. Nous y avons été accueillis trés chaleureusement par son fondateur, le père Rydzyk, et son aide de camp, le jeune père Rajeck, ce dimanche 14 octobre, dans la magnifique ville de Turon située au nord de la Pologne.
Et quel centre ! La radio comporte des studios ultra modernes, trés bien rangés, qui permettent aux pères redemptoristes qui la dirigent de présenter et d’analyser l’actualite nationale et internationale ainsi que de diffuser des emissions religieuses et culturelles 24 heures sur 24 heures. Elle vit du soutien des 6 millions d’auditeurs qui assurent ainsi la liberté de leur radio et la qualité des emissions. Détail amusant, une pièce renferme les milliers d’articles écrits de par le monde pour denoncer, insulter, calomnier l’oeuvre du pere Rydzyk avec les mêmes mots utilisés par les ennemis de la droite nationale en France. Il est vrai que dans les batiments de la radio, il y a trois chapelles avec, en permanence, la presence du saint sacrement, ce qui donne aux equipes un enthousiasme qui a de quoi enerver…
Surtout que Radio Maria a aussi są television. Le père Rajek a immédiatement profite de l’occasion de notre visite pour enregistrer une emission avec nous au cours de laquelle Bernard Antony a mis en garde la Pologne contre le soi-disant anti-racisme qui sous couvert d’humanisme interdit toute preférence, qu’elle soit patriotique, familiale ou meme en faveur de la famille. S’en est suivi une emission de radio en direct. A 1 heure du matin, nous etions encore aux micros de la radio pour repondre aux questions des auditeurs, dont quelques Polonais parisiens, curieux de connaitre la situation du christianisme en France.
Constatant les méfaits des journalistes des gros medias, qui ici aussi sont aux mains des grands argentiers apatrides et sans Dieu, les pères ont decidé de créer une ecole de journalisme. Nous y sommes egalement allés et nous avons ete éblouis par la magnificience des lieux. On se serait cru dans une des plus belles universités americaines, avec en sus des statues de la Vierge, des croix et des images de saints dans toutes les pièces, avec une place speciale pour saint Maximilien Kolbe, qui fut un genie de la communication. Aujourdhui, nous venons de rejoindre Varsovie pour une longue serie d’entretiens avec les differentes composantes de la droite nationale et chretienne.

Chroniques polonaises (3): De la vodka et autres considérations philosophiques

Ne jouons pas les purs esprits, ici la vodka n’est pas sans cause. Dans d’accueillantes et chaleureuse caves, les verres de vodka glaçée, totalement translucide ou ambrée par l’herbe de bison, me rappellent la contemplation de la banquise des temps jadis, avant la fonte tragique que l’on nous conte chaque jour. J’ai quelque fois pensé en ces lieux, alors qu’Oliver et Patrick divaguaient, aux sublimes poésies des chants de Maldoror du Vicomte de Lautréamont, mon concitoyen de mon village bigourdan de Bazet. En fin de soirée, nous avons dit à nos interlocuteurs polonais la grandeur de Jacques Perret et pourquoi Alexandre Vialatte avait bien raison de dire que l’éléphant est irréfutable et que c’est ainsi qu’Allah est grand !

Chroniques polonaises (2): LA QUESTION EUROPEENNE EN POLOGNE

Avec les journalistes qui m’ont accordé déjà de nombreux entretiens de presse et de radio, la question revenait inlassablement de savoir vraiment la nature de cette Union Européenne qui lance à la Pologne comme une sorte de grossier « tu viens, chérie ? ».
Beaucoup de Polonais perçoivent en effet que sous les incitations et les promesses d’intérêt économique se dissimule la schlague d’un néo totalitarisme encore plus éradicateur de l’âme polonaise que le communisme. Je me suis efforcé de les éclairer sur ce point, de leur dire ce qu’est la réalité du soi-disant anti-racisme. Je leur ai expliqué ce qu’était la rhétorique démocratique d’une boursouflure du mot correspondant à l’atrophie de la réalité, système de manipulation de la majorité par des minorités idéologico affairistes dissimulées derrière les rideaux de fumée des discours grandiloquents droit-de-l’hommesques.
La question est souvent venue de savoir si l’Union Européenne leur laisserait vraiment le choix d’accepter ce qui pourrait être leur intérêt économique mais de refuser ce qui relève de la culture de mort : avortement, prosélytisme homosexuel, destruction de la famille, euthanasie. Beaucoup dans la droite nationale polonaise, en effet, ont le juste pressentiment qu’on veut les agglomérer à notre système de négation des racines et des valeurs chrétiennes de notre civilisation. Nous leur avons fait remarqué qu’il leur serait probablement plus difficile de sortir de cette Union Européenne que, pour les Slovènes et les Croates, de sortir de la fédération yougoslave.