jeudi 3 janvier 2008

De quoi l’année 2008 sera-t-elle faite ?

Rassurez-vous, amis lecteurs de ce blog, je ne m’aventurerai pas à émettre des prédictions.
Je connais des hommes politiques et des prêtres qui ne doivent qu’au défaut de mémoire de leurs partisans de n’être point touché par le ridicule de leurs prophéties.
L’événement inattendu, les facteurs ignorés, voire le miracle, n’ont cessé en effet de jouer sur le cours de l’histoire, modifiant quelquefois l’influence des plus puissants déterminismes.
En revanche on peut tout de même examiner ces derniers et essayer de saisir ce qui pèsera fortement sur nos destinées.
Pour ce qui est de notre vie politique française, je ne crois pas que Nicolas Sarkozy puisse durablement continuer à brouiller le jeu du traditionnel clivage droite-gauche.
Bien sûr, je sais fort bien que la droite est, sur les valeurs essentielles, depuis bien longtemps gauchie. Mais même sans grande différence idéologique et politique, le positionnement droite-gauche se recréé sans cesse.
Nicolas Sarkozy va donc peut-être encore attirer à lui quelque Jack Lang ou encore quelques anciens trotskystes qui suivent le mouvement de leurs aînés du néo-conservatisme américain.
Mais avec l’appoint de Bayrou qui ne cesse d’en rajouter dans un discours du style « plus laïque que lui, tu meurs ! » la gauche royalesque se reforme même si Sarkozy, qui à peine élu, pense à sa réélection, fait tout pour qu’un Delanoë soit son prochain et moins dangereux rival.
Peut-être, en effet, mise-t-il sur certains réflexes persistants d’opposition de la majorité du corps électoral à certains aspects de la personnalité du maire de Paris…
Mais, je ne crois pas non plus du tout à une ouverture du gouvernement à la droite de conviction. Au-delà des discours qu’on lui prépare, acceptables sur certains plans, je ne pense pas qu’il veuille ou puisse réellement en inscrire les valeurs familiales et nationales dans ses actes et dans les lois. Nous aurons l’occasion de revenir sur cela.
Pour ce qui est du monde, je ne crois guère, je l’ai écrit dans Reconquête, à l’inéluctabilité de l’ordre mondial ou du super-gouvernement mondial que prédisent certains. Je vois plutôt se développer les puissances russes et chinoises avec leurs systèmes mixtes de dictature du parti et de capitalisme, systèmes d’ailleurs très différents dans les deux empires.
Je crois à l’effritement de la super-puissance américaine, économiquement très menacée, et de plus en plus incapable de maîtriser les tsunamis de l’islamisme en folie.
Je vois perdurer demain comme hier les antagonismes des puissances, des empires et des religions, inquiet que je suis de l’affaiblissement de notre France et de notre Europe.

mercredi 2 janvier 2008

A vous tous qui me faites l’honneur de visiter ce blog, j’offre mes vœux les plus fervents dans l’Amitié Française et l’Espérance Chrétienne.
Préparant l’émission de ce soir sur Radio-Courtoisie avec notamment Jacques Lorcey, je préfère remettre à demain mes réflexions sur l’année qui s’ouvre.
Bien volontiers, je recevrai ce jeudi ceux qui souhaiteraient acquérir mon dernier petit livre « Itinéraire libanais ».

samedi 22 décembre 2007

Sarkozy et l’Eglise catholique

Certes on a vu pire et après tout, Nicolas Sarkozy se conduit mieux avec le pape que Philippe le Bel ou Napoléon, humiliant et persécutant le pape Pie VII. Et comment reprocherait-on à notre président de la République de n’être pas parfait sur les exigences dites « non-négociables » de l’Eglise en matière politique et contre la culture de mort, alors que les évêques français, sauf trois ou quatre exceptions, ne les défendent guère. J’ai d’ailleurs souvent dit la même chose à propos de Jean-Marie Le Pen.
Comment reprocher facilement encore à Sarkozy - ce que je fais néanmoins - d’installer l’islam en France alors que croyant sans doute, selon le jargon néo-clérical « poser un acte prophétique », le cardinal Barbarin, très fier d’avoir reçu de la République le titre prestigieux d’officier de l’Ordre national du mérite qu’aucun saint ne reçut jamais, s’est fait décorer par Kamel Kabtane, recteur de la grand mosquée de Lyon ?
Qu’on reconnaisse en effet le mérite des catholiques, leur utilité sociale, leur rôle en quelque sorte de gentils animateurs, voilà ce dont se félicite le cardinal Vingt-Trois qui ne semble pourtant pas se soucier outre mesure de certains prêtres du diocèse de Paris quelque peu abandonnés à leur solitude.
Que les chrétiens personnellement soient humbles et dévoués à tous, voilà certes ce à quoi l’on ne saurait redire. Mais qu’ils ne défendent plus désormais qu’une reconnaissance somme toute archéologique des racines chrétiennes de notre civilisation, voilà ce que nous déplorons.
Qu’ils ne s’insurgent pas massivement contre les ravages de la culture de mort, c’est hélas un fait. La banalisation de l’avortement, la destruction de l’intelligence des enfants qui en ont réchappé par les pédagogies destructrices, les expositions d’art dit contemporain porno-pédophile, n’émeuvent pas la plupart des évêques et des prêtres.
La République peut donc leur accorder avec raison beaucoup de médailles, ils sont en effet bien sages. Leurs cathédrales servent d’ailleurs de plus en plus, comme aujourd’hui à Strasbourg, à l’occupation par des sans-logis. Lorsque ces derniers, comme c’est souvent le cas, sont des musulmans, ils n’ont pas l’incongruité d’occuper les grandes mosquées. Les mosquées sont en effet des lieux sacrés. Quant aux temples maçonniques, comme chacun sait, ils sont certes les lieux de propagation des grands idéaux de tolérance et de fraternité républicaine universelle mais tout de même, ils ne sont ouverts qu’aux vénérables frères. Pas davantage l’on imaginerait une possible occupation de synagogue. Les rabbins, on le sait, et ils ont raison, ne le tolèreraient pas un seul instant. Nul doute qu’il en cuirait aux occupants. L’humilité est certes une vertu chrétienne et la charité la plus grande de toutes. Mais reste à savoir si elles doivent signifier l’inertie, l’abandon des valeurs, l’avachissement. Pour ne point se prosterner devant les ukases du régime, des évêques, des prêtres et des fidèles agonisent longuement dans les prisons chinoises. Pour refuser de passer à l’islam, des chrétiens sont souvent massacrés au Soudan, en Egypte, en Turquie, en Irak, au Pakistan... Où sont les communiqués de Kamel Kabtane pour que dans les pays majoritairement islamiques, chrétiens et musulmans aient les mêmes droits civils et religieux ?
Beaucoup parmi vous, chers lecteurs, connaîtront le joyeux Noël que je vous souhaite. Mais je pense aussi et surtout à ceux qui seront affligés par le deuil, la maladie, les menaces, les duretés des hommes. Que la paix du Christ et la prière de la Vierge leur apporte réconfort et espérance !

Revenons sur les sarkophages

Moi qui ne connaîs rien au monde du show-biz et à la ménagerie fellinienne autour de Bernard-Henri Levy, je prends connaissance chez mon coiffeur des pages d’un hebdomadaire consacré au remplacement de Cécilia par Carla.
Psycho-morphologiquement, Carla est très proche de Cécilia. Je crois comprendre en quoi, avec un certain côté à la fois luxurieux et mystérieux, elles exercent une fascination sur Nicolas Sarkozy qui aime le risque, le défi et l’instabilité. Elles sont donc bien toutes deux de parfaites sarkophages. J’entend par là qu’il y a dans leur liaison avec Nicolas une sorte de phénomène très compréhensible d’engloutissement réciproque, passionné, mais avec une grande part de trouble chez ces adeptes du docteur Freud.
Mais ce type d’amour incandescent ne peut durer sans véritable communion intellectuelle et morale et je doute que ce soit le cas. Lorsque Carla et Nicolas se déchireront, ils auront assurément la sagesse d’utiliser leur séparation très médiatisée pour faire oublier quelque émeute regrettable ou quelque visite au déroulement fâcheux. Cela dit, tant qu’on leur raconte la vie de la belle, riche et donc très gauchiste Carla Bruni, les Français laissent Sarkozy les trahir sur la Turquie.

jeudi 20 décembre 2007

Libérez Bernard Antony!

Il n’y aura pas de blog de Bernard Antony aujourd’hui.
Séquestré par les grévistes cégétistes de l’aéroport d’Orly, il est dans l’impossibilité de rentrer chez lui et donc de vous livrer son texte du jour.
Que fait Nicolas Sarkozy ? Nous attendons de lui qu’il intervienne prestement sur les ondes afin de lancer un appel solennel pour la libération de Bernard et de ses compagnons d’infortune. Noël est proche et nul ne doute que le Président de la République saura trouver les mots justes pour attendrir les ravisseurs et leur chef Bernardo Tibo dit « Casque d’or » dans l’appareil clandestin.
L’artiste Renaud s’est déjà mis au travail pour composer une chanson en l’honneur de Bernard. On murmure même que Jean Ferrat serait prêt à remonter sur scène pour un gala de soutien.
En attendant, que la famille de Bernard sache que nous sommes avec elle dans cette épreuve.

Yann BALY
Secrétaire général de Chrétienté Solidarité

mardi 18 décembre 2007

C’est du grand guignol

Le style du gouvernement Sarko est décidément très gestuel.

Dans les réunions internationales, on nous montre notre agité de l’Elysée prodiguant des embrassades vigoureuses, tapant familièrement sur l’épaule des uns, serrant le bras des autres, on le filme un peu partout tapotant les joues.

Certes, mimétisme napoléonien oblige, il aime aussi pincer les oreilles mais la ressemblance s’arrête là car Napoléon réservait parcimonieusement cela aux plus méritants de ses grognards en les passant dignement en revue au garde-à-vous.

Par moment, Zarko c’est plutôt Louis de Funès dans Rabbi Jacob. De telles manières chaleureuses ne sont pas antipathiques lorsqu’elles expriment la joie de retrouvailles sur le port avant de « taper » l’anisette avec trois merguez.

En politique, trop c’est trop, et tout le monde sent bien ce qu’il y a de factice, de surfait et même de frelaté dans ces démonstrations la plupart du temps d’ailleurs à sens unique.

Si les Américains façon Bush aiment bien eux aussi, sous les projecteurs, la jovialité hypocrite des grandes claques affectueuses, qui ne lit dans son œil d’iceberg l’irritation et le mépris que cela suscite chez un Poutine ?

On sait bien qu’à notre époque, la politique est spectacle mais nous ne désespérons pas tant de notre peuple au point de croire anéanties toutes ses capacités de bon sens et d’ironie.

Au marché Victor Hugo de Toulouse où l’on parle avec le verbe haut, j’entendais ainsi mon charcutier préféré qui vend de sublimes pâtés et rillettes de porc noir de Bigorre et qui a beaucoup de sagesse politique populaire, proférer son jugement : « C’est du guignol ! »

Et voici que je découvre ce matin les grandes embrassades de Kouchner et Delanoë dont la souple gestuelle des mouvements de bras évoquent les célèbres danseurs de la tribu des Bugis dans l’archipel des Célèbes. Elle exprime la joie du maire de Paris dans l’ouverture politique cette fois renversée de gauche vers la droite et dans laquelle s’enfonce avec délectation notre ministre des Affaires Etrangères.

J’évoquais hier la grosse rouerie de Sarkozy tentant de faire oublier avec Carla Bruni l’humiliation infligée par Kadhafi.

Aujourd’hui, c’est Bernard « Cauchemar » comme on l’appelle au Liban, lui aussi absolument nul et pitoyable dans cette affaire, qui tente de rebondir médiatiquement en la douce compagnie du cher maire des bobos de Paris.

Tout cela est, en effet, grand guignolesque.

lundi 17 décembre 2007

Sarkozy et la quart-mondisation de l'enseignement

Le 13 décembre, le ministre de l’enseignement supérieur Valérie Pécresse a annoncé, dans un élan de stakhanovisme pédagogique, la mise en place du plan quinquennal pour la réussite en licence. Elle marque ainsi la volonté du gouvernement Sarkozy-Fillon d’apporter sa touche à la quart-mondisation de l’enseignement en France.
Dans ce domaine là aussi, la droite-croupion fait une politique de gauche.
Ce projet qui va coûter 730 millions d’euros entend amener 50% d’une classe d’âge au niveau licence après avoir divisé par deux le taux d’échec en première année. On peut apprécier aujourd’hui les résultats catastrophiques de l’utopie socialisante imposant l’objectif 100% de réussite au bac. Ce nivellement par le bas va désormais s’étendre à l’université, toutes disciplines confondues.
La présentation du projet par Madame Pécresse ne laisse aucun doute sur l’idéologie qui sous-tend son action. Le verbiage employé est celui, mille fois entendu, des pédagogues patentés et grassement payés, des instituts de formation formatés et, au delà, de tous les séminaires de management animés par une race à part d’enfileurs de perles. La licence sera adaptée « pour l’inscrire dans la logique d’une maîtrise propre des connaissances et des compétences », les universités auront « la responsabilité de construire avec les élèves susceptibles de les rejoindre un parcours de formation en lien avec un projet d’insertion professionnelle », « les formations devront faire l’objet d’une évaluation, sur la base d’un cahier des charges élaboré dans la concertation » avec des professeurs référents…
Il y là toutes les vieilles rengaines de la gauche enseignante, un florilège de toutes les formules creuses de la pédagogie moderne, manipulatrice et destructrice des écoles, des administrations et des entreprises. Car c’est bien de destruction qu’il s’agit. Après le bac au rabais, le sarkozysme d’ouverture va démolir les derniers diplômes du système français d’enseignement qui semblaient encore valables. Sous couvert d’en finir avec une « sélection par l’échec (sic) », on va imposer à l’université la sélection par la nullité.
L’UNEF, syndicat étudiant d’obédience communiste, ne laisse aucun doute sur la philosophie de cette réforme estimant qu’il s’agit « d’une base de travail intéressante ».
Sarkozy trahit, là encore, ceux qui avaient bien voulu se laisser charmer par ses propositions pour réformer l’enseignement.
Par contre toujours rien concernant la valorisation des filières techniques ou des métiers manuels, rien sur la mise en place d’un vrai système d’apprentissage et rien encore sur une véritable association écoles-universités-entreprises comme cela se fait dans d’autres pays d’Europe non vérolés par l’idéologie gauchiste et soixante-huitarde.

Yann BALY