mardi 8 septembre 2009

La parole et la réalité

A la suite de la guérilla urbaine qui a frappé le centre-ville du Pontet, le ministre de l’Intérieur s’est déplacé personnellement dans cette ville du Vaucluse tenue par l’UMP.
A peine arrivé, Brice Hortefeux s’est engouffré dans la salle de réception de la mairie pour rencontrer les responsables d’associations sportives et culturelles des communautés turques et marocaines.
L’AFP rapporte qu’à cette occasion, il n’a pas manqué de saluer le rôle joué « par les responsables des associations turques et musulmanes pour apaiser la situation. ».
A l’issue de la réunion, il s’est avancé sur les marches de l’Hôtel de Ville pour s’adresser à la presse et déclarer sur l’air connu de la République ne tolérera pas : "Il n'y a pas de place pour le communautarisme en France".
Les représentants d’associations communautaires turques, marocaines et musulmanes chaudement remerciés doivent encore se demander quelle mouche a bien pu piquer ce brave ministre.
Pour ce qui est de nous, comme pour les habitants du Pontet (non reçus par le ministre) qui ont subi les dégâts collatéraux de cette bataille rangée, l’évidence est là : c’est pour les « souchiens » qu’il n’y a plus de place en France !

Y.B.

lundi 7 septembre 2009

De Graham Bell à Omar Bongo

En cours d’instruction civique j’apprenais à mes élèves que les ministres étaient désignés par le Président de la République sur la proposition du Premier ministre, qu’ils étaient nommés par décrets présidentiels contresignés par le Premier ministre. Qu’un ministre pouvait cesser ses fonctions par une démission personnelle, par la démission collective du gouvernement, par le rejet d’un vote de confiance, par le vote d’une motion de censure, ou encore aux lendemains d’élections législatives ou présidentielles.
Or je me rends compte que je faisais apprendre des âneries à mes élèves et que les manuels d’éducation civique sont toujours obsolètes ! La nomination des ministres et leur départ se font sur un simple coup de fil d’un chef d’état africain. À preuve, les déclarations lundi 7 septembre sur R.T.L., du « Monsieur Afrique » de Nicolas Sarkozy, l’avocat Robert Bougi, qui a expliqué aux auditeurs comment Jean-Marie Bockel fut démis de son poste de secrétaire d’État à la Coopération et à la Francophonie le 18 mars 2008, deux jours avant la Journée internationale de la Francophonie, pour passer aux anciens combattants :
Omar Bongo a téléphoné à Robert Bougi et lui a dit : « Fiston viens me voir ! Ça ne peut pas continuer ! Il faut que tu dises à Nicolas que moi et les autres nous ne voulons plus de ce ministre [Jean-Marie Bockel]» Robert Bougi se rendit au palais de l’Élysée pour transmettre le message « ferme et voilé de menaces » à Nicolas Sarkozy, en présence de Claude Guéant. Nicolas Sarkozy trouva la demande tout à fait naturelle puisqu’il répondit : « Dis à Omar et aux autres chefs d’État que Monsieur Bockel partira bientôt et qu’il sera remplacé par un de mes amis et un ami de Monsieur Guéant. Ce nouveau ministre prendra ton attache, ne sois pas étonné et quelque part tu l’initieras à l’Afrique. »
Qu’avait donc fait Jean-Marie Bockel pour s’attirer les foudres des potentats africains ?
Il eut le tort le 14 janvier 2008 de déclarer péremptoirement lors de ses vœux à la presse qu’il voulait signer « l’acte de décès de la françafrique » L’ancien socialiste mais toujours naïf avait expliqué : « L’un des premiers freins au développement de l’Afrique, c’est la mauvaise gouvernance, le gaspillage des fonds publics, l’incurie des structures administratives défaillantes, la prédation de certains dirigeants. Tout le monde le sait, bien peu le disent » Cela fit désordre chez les présidents à vie africains, Paul Biya, président du Cameroun et Denis Sassou N’Guesso, président du Congo, protestèrent contre ces propos méprisants envers les Africains, Omar Bongo porta le coup de grâce et signa l’acte de décès du poste de secrétaire d’État français à la Coopération et à la Francophonie de Jean-Marie Bockel.
La nomination et la démission des ministres français ne tiennent donc qu’à un fil, celui du téléphone africain ! Le Président de la République française est ainsi aux ordres.
Quel pouvoir a donc le mari de Carla Bruni, à part celui de nous imposer de nouvelles taxes ?

Louis CHAGNON

dimanche 6 septembre 2009

Emeutes au Pontet : la chaleur et le ramadan mis en cause

A propos des dures émeutes qui ont frappé hier après-midi le centre-ville du Pontet, Alain Cortade, maire UMP de la ville du Vaucluse, déclare dans La Provence de ce lundi : "Vous savez, c'est le ramadan, ils sont très fatigués". Pas tant que cela apparemment !
Ce matin sur France Info, il précise encore que "la chaleur et le ramadan" ont contribué à faire monter la tension.
Les températures étant largement redescendues sous la barre des 30° ces derniers jours dans le Vaucluse, il reste pour M. Cortade à expliquer la causalité par le ramadan. On n’a pas entendu dire que des chrétiens en Carême aient jamais déclenché quelque émeute. Il est vrai que le Carême tombe souvent en fin d’hiver ou début de printemps…
Rappelons que les incidents du Pontet ont vu s’affronter des Turcs contre des Maghrébins. Un Comorien de 22 ans qui, dit-on, tentait de s’interposer est mort des suites de ses blessures. Le fin observateur qu'est Alain Cortade assure cependant "que le conflit n'est pas d'origine communautariste". Ouf !
Le maire UMP va recevoir les présidents d’associations turques et maghrébines pour leur demander de calmer leurs communautés. Il se dit par ailleurs déçu, car sa commune fait énormément en matière sociale. Nul doute qu’avec les brigades de conciliation de Brice Hortefeux, ce genre se situation ne se reproduira plus…

Y. B.

mercredi 2 septembre 2009

Vendée gobe

La rupture avec le système, maintes fois promise, n'est plus qu'un souvenir.
Philippe de Villiers a récemment déclaré : "Il y a très longtemps, et c'est un fait historique, qu'un président de la République n'a fédéré autour de lui toutes les forces de la droite et du centre". Philippe de Villiers est modeste pour son Président qui rassemble au delà du centre, jusqu’à la gauche ! L’oubli est peut être volontaire pour celui qui justifie son ralliement à Sarkozy par le fait qu’il faille battre la gauche… Certes, avec la taxe carbone, Kouchner aux Affaires étrangères, Amara à la Ville et les « équipes de conciliation » dans les banlieues, la gauche est largement battue et ne serait même jamais allée jusqu’à nommer Philippe Val patron de France Inter !
Bon voyage Monsieur de Villiers, avec Bachelot débarquez sans naufrage !
Y.B

Oh, oh, oh,oh !

Cette fois, c’est la priorité des priorités. C’est le Président de la République lui même qui a décrété la mobilisation générale ("nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts…") contre les cambriolages (+12% de plaintes) et les violences à la personne (+ 5%).
Brice le feu follet a immédiatement embrayé en convoquant ses policiers et gendarmes pour les « remotiver », donner quelques « coups de règles » (c’est toujours mieux à prendre qu’un cocktail molotov) et annoncer un « coup de collier » dans la lutte contre ce type de délinquance.
Nul doute que les patrons des forces de l’ordre écouteront religieusement leur ministre et encaisseront la remontée de bretelles. Mais croire qu’ils vont réussir à remotiver leurs troupes, ça, c’est une autre histoire.
Comment ces policiers « exemplaires » vont-ils s’y prendre pour arrêter cambrioleurs, voleurs à la tire et autres piques-pocket, attendu que la moindre démonstration de force se solde par des propos suspicieux du ministre, une enquête et des mises en gardes à vue de policiers ?
Une fois de plus, on est dans les effets d’annonce et dans l’entourloupe médiatique à destination du Français moyen qui est censé tout gober. Il n’est pas certain que ceux qui, rentrant de vacances, ont retrouvé leur maison ouverte aux quatre vents et proprement nettoyée apprécieront cette nouvelle farce gouvernementale, eux qui n’ont pas les privilèges accordés par la République au Cheikh Hamad al-Thani (voir sur Le Salon beige, le post d'hier).

Y.B

mardi 1 septembre 2009

Policiers "exemplaires" : premiers travaux pratiques

Suite aux incidents entre policiers et chauffeurs de taxis sur le terrain de chasse gardée que constituent les zones taxis de l’aéroport de Roissy, Brice Hortefeux vient de demander une enquête des « bœufs carottes » de l’IGS. Avant même les résultats de cette enquête, le ministre de l’intérieur promet des "sanctions" si le comportement des forces de l'ordre s'avérait fautif.
Rappelons que les chauffeurs de taxis ont bombardé les forces de l’ordre de divers projectiles. Les policiers ont sans doute eu le tort de répliquer trop vite sans attendre les « équipes de conciliation »…

Y.B

Ah, ah, ah, ah !

Lu dans Le Figaro : « Pour restaurer le lien entre certains jeunes et la police, Brice Hortefeux souhaite pouvoir s'appuyer sur les associations. Et sur une équipe de spécialistes pour désamorcer les situations explosives » Ainsi le ministre de l’intérieur « invente » les négociateurs de crise dans les cités, des « équipes de conciliation, composée d'une personnalité indépendante, d'un psychologue, d'un communicant et d'un haut fonctionnaire. » Objectif : désamorcer les situations explosives et éviter les guérillas en abordant, avec ces philosophes qui constituent les bandes des cités, les thèmes qui posent problèmes : « les pratiques policières, le respect réciproque, l'ordre et la loi, l'égalité des chances et le dialogue en situation de crise, pour vaincre les rumeurs (sic) souvent à l'origine de heurts, voire d'émeutes. »
Sus à la rumeur ! Préparez vos filets à papillon pour capturer les bruits de cage d’escalier, fourbissez vos pinces monseigneur pour couper le fil du téléphone arabe.
Mais que fait la police me direz-vous ? Brice lui a assigné une tâche essentielle dans un tel dispositif : « il entend, parallèlement, que les policiers et les gendarmes adoptent une attitude "exemplaire", particulièrement dans ces quartiers où la culture anti-institutionnelle s'enracine. ». Bien sûr, il ne s’agit pas là d’une attitude de policiers ou de gendarmes telle qu’on en voyait autrefois, ces flics des temps barbares qui arrêtaient les voleurs et avaient quelquefois la main leste. Ces policiers "exemplaires" que veut Hortefeux, ce sont ceux qui prennent des boulons en pleine poire, se font griller les poils par des fusées artisanales voire qui se font moucher au gros plomb en disant « merci messsieurs, défoulez-vous tranquillement, nous sommes là pour accompagner votre mal-être, ça ira mieux demain ».
On se croirait revenu au bon vieux temps des politiques socialistes de la ville des années 90, avec ses animateurs de quartiers, sa police de proximité, ses agents d’ambiance… Tout ce qui a excellemment fonctionné comme nous le prouve la situation actuelle.
Ce Brice Hortefeux ne veut vraiment pas que son nom rime avec boutefeu ! Ils doivent bien rigoler dans les cités du dar-el-harb, les victimes de la France néo-coloniale qui astiquent leurs « canons sciés », préparent leurs mortiers légers ou comptent leurs billes de roulements.
Pour ce qui est de nous, braves contribuables, préparons nous à mettre la main à la poche car le ministre a oublié un acteur dans son quadriumvirat de choc : le financier qui va nous arroser les associations médiatrices, qui en général ne sont pas composées de philantropes, et acheter ces petits chenapans pour qu’ils laissent l’UMP tranquille jusqu’aux prochaines élections.

Yann Baly